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Burkina Faso : la DGI prépare le recours à l’intelligence artificielle pour sécuriser les recettes

Mieux croiser les informations, repérer les risques de fraude et anticiper le recouvrement : la Direction générale des impôts veut renforcer l’utilisation des données et de l’intelligence artificielle. Ces orientations ont été examinées lors de sa 15e conférence annuelle, tenue les 23 et 24 septembre 2026 à Ouagadougou.

 

La transformation numérique de l’administration fiscale doit servir un objectif concret : améliorer la mobilisation des ressources nationales. Selon le compte rendu de l’ouverture diffusé par la DGI, la gouvernance des données et l’intelligence artificielle constituent l’un des trois axes de travail de cette conférence, aux côtés de l’adaptation de l’organisation et des procédures, puis du développement des compétences et du leadership.

Représentant le ministre de l’Économie et des Finances à l’ouverture, le chargé de mission Salifou Tiemtoré a présenté plusieurs usages envisagés : croiser les informations, affiner l’analyse des risques et renforcer la lutte contre la fraude. Il a également insisté sur la maîtrise du foncier et l’adaptation des services fiscaux à l’évolution de l’économie.

Anticiper les obligations fiscales

Dans sa communication introductive, le directeur général de l’Institut des finances publiques du Burkina a proposé de faire évoluer une administration qui attend les déclarations vers une administration capable de préétablir les obligations fiscales et d’anticiper le recouvrement.

Cette piste pourrait modifier la préparation des démarches du contribuable. Elle reste toutefois une proposition de transformation : le compte rendu ne précise ni les impôts concernés, ni les données qui seraient mobilisées, ni les modalités de vérification ou de correction par les usagers. Il n’annonce pas la mise en service d’un dispositif de déclaration préremplie.

Préparer le prochain cycle stratégique

Pour la directrice générale des impôts, Talato Eliane Djiguemdé/Ouédraogo, les travaux doivent aussi préparer la suite du Plan stratégique 2023-2027. Il s’agit d’évaluer les réformes engagées, d’en identifier les résultats et les limites, puis de définir les prochaines priorités.

Elle relie cette réflexion aux besoins sécuritaires, économiques et sociaux du Burkina Faso et à la nécessité de mobiliser davantage de ressources propres.

« Chaque franc mobilisé sur nos ressources internes devient un franc qui contribue à réduire notre dépendance à l’égard du financement extérieur », a-t-elle déclaré, selon la DGI.

La modernisation envisagée repose ainsi sur plusieurs leviers : les outils numériques, mais aussi l’organisation des services, les compétences des agents et la qualité des procédures.

Une feuille de route à préciser

À la clôture, une résolution visant l’adoption d’une feuille de route pour intégrer progressivement l’IA au pilotage, à l’analyse des risques, au contrôle et à la sécurisation des recettes a été rapportée par Burkina24. Les participants ont également recommandé de renforcer l’interconnexion sécurisée avec les bases de données externes.

Ces conclusions donnent une direction aux travaux à poursuivre. Elles ne permettent pas d’affirmer que la feuille de route est déjà adoptée ou que les outils envisagés sont opérationnels.

Le calendrier, le budget, les applications retenues et les garanties encadrant l’utilisation des données restent à documenter. Leur précision permettra de mesurer ce que cette transformation changera effectivement pour les services fiscaux et les contribuables.

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