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Sénégal : les créanciers obligataires s’organisent alors que Dakar prépare le reprofilage de sa dette

Des détenteurs d’obligations souveraines sénégalaises ont constitué un groupe de créanciers et choisi le cabinet White & Case comme conseil juridique. Cette organisation intervient au moment où Dakar cherche à rétablir la viabilité de ses finances publiques et privilégie un reprofilage de sa dette plutôt qu’une restructuration générale.

Le dossier de la dette sénégalaise entre dans une nouvelle phase.

Selon Reuters, au moins huit gestionnaires de fonds détenteurs d’obligations souveraines du Sénégal ont constitué un groupe de créanciers et désigné le cabinet international White & Case comme conseil juridique.

L’identité des gestionnaires concernés n’a pas été rendue publique.

La constitution d’un tel groupe permet aux détenteurs de titres de coordonner leurs positions et de disposer d’une représentation juridique commune face aux évolutions du dossier.

Dakar parle de « reprofilage »

Cette évolution intervient alors que les autorités sénégalaises cherchent à rétablir la viabilité de la dette publique.

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a indiqué que le Sénégal privilégiait un reprofilage plutôt qu’une restructuration générale.

Dans ce scénario, Dakar chercherait notamment à agir sur les échéances de remboursement et les conditions financières de certaines dettes.

La distinction est importante. Un reprofilage cherche généralement à alléger les besoins de remboursement à court ou moyen terme, notamment en allongeant les maturités. Une restructuration peut aller plus loin et inclure des modifications plus profondes des conditions initiales de la dette.

La frontière entre les deux peut toutefois devenir moins nette lorsque les conditions financières des titres détenus par les créanciers sont modifiées.

Près de 2 000 milliards FCFA d’arriérés

Le Premier ministre a indiqué que les arriérés de paiement atteignaient 1 956 milliards FCFA à fin mars 2025, soit environ 3,5 milliards de dollars.

Le dossier des finances publiques sénégalaises est devenu particulièrement sensible après la révélation d’emprunts qui n’avaient pas été correctement déclarés sous l’ancienne administration.

Cette situation avait notamment entraîné la suspension du précédent programme soutenu par le Fonds monétaire international.

Un accord de 2,2 milliards de dollars avec le FMI, mais pas encore un décaissement

Un autre développement majeur est intervenu le 1er septembre.

Les services du FMI et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord au niveau des services susceptible de soutenir un nouveau programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit.

Son montant envisagé est d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de DTS.

Mais cet argent n’est pas encore acquis au Sénégal.

L’accord reste soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI. Le Fonds exige également des mesures correctrices liées au dossier des informations erronées précédemment communiquées ainsi que des assurances de financement suffisantes.

Les négociations deviennent déterminantes

La constitution d’un groupe de détenteurs d’obligations montre désormais que les créanciers privés se préparent eux aussi aux discussions sur l’avenir de la dette sénégalaise.

Pour Dakar, l’équation consiste à retrouver une trajectoire soutenable tout en évitant qu’un ajustement trop brutal ne pèse davantage sur l’économie et les finances publiques.

Les prochaines discussions permettront surtout de déterminer quelles catégories de dette seront concernées, quelles concessions seront recherchées auprès des créanciers et sous quelles conditions le nouveau programme du FMI pourra effectivement entrer en vigueur.

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