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Angola : nouvelle découverte pétrolière, pétrole cher et réformes, le défi de transformer la rente en levier économique

L’Angola vient d’annoncer une nouvelle découverte pétrolière offshore alors que le Brent dépasse de nouveau les 100 dollars. Dans le même temps, Luanda cherche à attirer davantage d’investisseurs vers son marché obligataire et le FMI l’appelle à poursuivre ses réformes. Trois développements qui ramènent au premier plan une question ancienne : comment profiter de la rente pétrolière sans renforcer la dépendance de l’économie aux hydrocarbures ?

L’annonce est tombée mercredi 9 septembre.

L’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants d’Angola (ANPG), ExxonMobil Angola et leurs partenaires du Bloc 15 ont annoncé une nouvelle découverte d’hydrocarbures dans le puits d’exploration Vicango Este-01.

Le puits est situé à environ 370 kilomètres au nord-ouest de la côte de Luanda et a été foré sous environ 940 mètres d’eau par la plateforme Valaris DS-9.

25 mètres de grès contenant des hydrocarbures

Selon les données techniques communiquées par l’ANPG, le forage a rencontré environ 25 mètres de grès de haute qualité contenant des hydrocarbures, avec une porosité de 22 %.

Vicango Este-01 constitue la 20e découverte réalisée dans le Bloc 15 en trente ans et la troisième au cours des quatre dernières années.

L’annonce confirme donc la persistance d’un potentiel d’exploration dans cette zone offshore.

Elle ne signifie cependant pas que les volumes commercialement récupérables sont déjà connus.

L’ANPG n’a pas fourni, dans son communiqué initial, d’estimation des réserves récupérables ni annoncé une décision de mise en production. Des travaux d’évaluation seront nécessaires pour déterminer la dimension économique réelle de la découverte.

Une découverte au moment où le pétrole dépasse 100 dollars

Le calendrier est particulièrement favorable pour un pays exportateur.

Mercredi, le Brent a progressé de 3,4 % pour terminer à 101,21 dollars le baril, sur fond de fortes tensions sur les approvisionnements mondiaux.

Pour l’Angola, une période prolongée de prix élevés peut soutenir les recettes provenant du secteur pétrolier.

Mais elle fait également réapparaître un problème structurel : une amélioration de la rente pétrolière peut soulager temporairement les finances publiques sans résoudre la dépendance de l’économie à cette ressource.

Le FMI met en garde contre le ralentissement des réformes

C’est précisément l’un des messages adressés cette semaine à Luanda.

À l’issue de discussions menées du 24 août au 9 septembre, les services du Fonds monétaire international ont appelé l’Angola à poursuivre l’assainissement de ses finances publiques, à maintenir une politique monétaire prudente et à permettre davantage de flexibilité du taux de change.

Selon le FMI, l’amélioration de l’environnement extérieur risque de réduire l’urgence des réformes nécessaires pour rendre l’économie moins dépendante du pétrole.

L’enjeu est donc de profiter d’une éventuelle amélioration des recettes sans transformer cette embellie en nouveau cycle de dépendance.

Luanda veut également diversifier ses financements

Parallèlement au pétrole, le gouvernement cherche à modifier la manière dont il se finance.

L’Angola travaille à une plus grande ouverture de son marché intérieur des obligations publiques aux investisseurs internationaux. Ce marché est évalué à environ 18,6 milliards de dollars.

La ministre des Finances, Vera Daves de Sousa, a indiqué que Luanda discutait notamment avec JPMorgan d’une éventuelle intégration à un nouvel indice consacré aux obligations en monnaie locale des marchés frontières.

Une telle évolution pourrait permettre à l’Angola d’élargir sa base d’investisseurs et de réduire progressivement sa dépendance aux financements libellés en dollars.

Le gouvernement envisage également, à terme, des émissions dans d’autres monnaies, dont le yuan chinois.

Transformer une embellie pétrolière en transformation économique

Pris séparément, ces développements racontent trois histoires : une découverte pétrolière, une stratégie financière et un avertissement du FMI.

Ensemble, ils posent une seule question économique.

L’Angola peut bénéficier à court terme d’un pétrole plus cher et, si Vicango Este-01 se révèle commercialement viable, renforcer à plus long terme son portefeuille de ressources.

Mais la découverte ne deviendra un véritable levier de transformation que si les revenus supplémentaires contribuent à renforcer les finances publiques, développer les secteurs non pétroliers et réduire les vulnérabilités qui accompagnent les cycles du brut.

Pour Luanda, le défi n’est donc plus seulement de trouver davantage de pétrole. Il est de transformer les périodes de rente pétrolière en investissements capables de produire de la croissance lorsque le prix du baril retombera.

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