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Pétrole cher : l’Afrique du Sud mesure déjà le coût de la flambée énergétique

L’Afrique du Sud a enregistré un déficit courant de 205,5 milliards de rands au deuxième trimestre 2026, après un important excédent au trimestre précédent. L’envolée du coût des importations de pétrole et de produits raffinés a fortement contribué à ce retournement, donnant une première illustration concrète de la vulnérabilité des économies africaines importatrices face à une période prolongée de prix élevés de l’énergie.

La hausse du pétrole commence à laisser des traces visibles dans les comptes de l’une des principales économies africaines.

Au deuxième trimestre 2026, le compte courant de l’Afrique du Sud a basculé dans un déficit de 205,5 milliards de rands, soit environ 12,8 milliards de dollars.

Ce déficit représente 2,6 % du produit intérieur brut.

Trois mois auparavant, le pays affichait encore un excédent courant de 181,6 milliards de rands, équivalent à 2,3 % du PIB.

L’excédent commercial fortement réduit

L’un des changements les plus importants concerne les échanges commerciaux.

L’excédent commercial sud-africain est tombé à 146,4 milliards de rands au deuxième trimestre, contre 428,8 milliards durant les trois premiers mois de l’année.

La hausse de la facture des importations énergétiques a largement contribué à cette dégradation.

La South African Reserve Bank relève notamment une forte augmentation de la valeur des importations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés dans un contexte de préoccupations accrues sur l’approvisionnement énergétique mondial.

+82,1 % pour la valeur du pétrole importé

Un chiffre permet de mesurer l’ampleur du choc.

La valeur des importations sud-africaines de pétrole brut a augmenté de 82,1 % au deuxième trimestre.

Dans le même temps, les quantités importées n’ont progressé que de 1,8 %.

Autrement dit, l’explosion de la facture ne provient pas principalement d’une consommation beaucoup plus importante de pétrole, mais du renchérissement considérable du coût des approvisionnements.

L’Afrique du Sud importe la majorité du carburant qu’elle consomme, ce qui expose directement son économie aux variations des cours internationaux.

Un cas à surveiller pour les autres importateurs africains

L’expérience sud-africaine est particulièrement instructive pour les autres économies africaines dépendantes des importations d’hydrocarbures.

Lorsque les prix internationaux restent élevés suffisamment longtemps, la conséquence ne se limite pas au prix payé à la pompe.

La facture d’importation augmente, davantage de devises sont nécessaires pour acheter les mêmes volumes d’énergie et la balance commerciale peut se détériorer.

À cela peuvent ensuite s’ajouter des effets sur les transports, les coûts de production et les prix intérieurs.

L’ampleur de ces conséquences diffère toutefois fortement d’un pays à l’autre selon ses réserves, ses mécanismes de subvention, ses capacités de raffinage, sa production énergétique et la structure de ses importations.

La durée de la crise devient déterminante

Le cas sud-africain intervient alors que le Brent évolue toujours au-dessus de 100 dollars le baril.

La question centrale pour les économies africaines importatrices devient donc celle de la durée.

Une flambée temporaire peut être partiellement absorbée par les stocks, les mécanismes budgétaires ou les réserves constituées. Une période prolongée de prix élevés peut, en revanche, progressivement réduire ces marges de manœuvre et accroître les tensions sur les comptes extérieurs et les finances publiques.

L’Afrique du Sud fournit ainsi un premier cas documenté permettant de mesurer comment un choc pétrolier international peut rapidement se transmettre aux comptes d’une grande économie africaine importatrice d’énergie.

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