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Minerais critiques : le Kenya mise sur la transformation locale avec l’appui des États-Unis

Les États-Unis se disent prêts à accompagner le Kenya dans le développement d’une industrie de transformation des minerais critiques. Au centre des discussions figure notamment Mrima Hill, important gisement de terres rares et de niobium situé sur la côte kényane. Nairobi veut éviter de se limiter à l’exportation de matières premières et conserver davantage de valeur ajoutée dans son économie.

Le Kenya veut aller au-delà de l’extraction de ses minerais stratégiques.

Les États-Unis ont annoncé mercredi 9 septembre leur volonté d’accompagner Nairobi dans le développement d’une industrie de transformation des minerais critiques, alors que la compétition mondiale pour sécuriser l’accès aux terres rares et autres ressources stratégiques s’intensifie.

Le président William Ruto défend une stratégie associant exploitation des ressources, transformation locale et création d’emplois.

Le Kenya accélère notamment l’exploration et le développement des terres rares, du titane, du graphite, du lithium et du niobium.

Mrima Hill au centre des convoitises

L’attention se porte particulièrement sur Mrima Hill, dans le comté côtier de Kwale.

Le site est connu depuis les années 1930 pour son potentiel en niobium et en terres rares. Des travaux d’exploration importants y avaient déjà été menés au milieu du XXe siècle.

Le gouvernement kényan a engagé en 2026 une procédure visant à attribuer par appel d’offres les droits permettant de poursuivre l’exploration et le développement du gisement.

Selon le ministère kényan des Mines, six entreprises ont été présélectionnées dans le processus, dont deux américaines.

Le gouvernement n’a toutefois pas encore publié la liste complète des candidats retenus.

Niobium et terres rares : des ressources stratégiques

L’intérêt pour Mrima Hill s’explique par la nature des ressources recherchées.

Le niobium est notamment utilisé dans certains alliages à haute performance et dans l’industrie aérospatiale.

Les terres rares jouent quant à elles un rôle important dans de nombreuses technologies, notamment les équipements électroniques, les moteurs électriques et plusieurs technologies énergétiques.

Le contrôle de leurs chaînes d’approvisionnement est devenu un enjeu économique et géopolitique majeur.

La Chine occupe actuellement une position dominante dans plusieurs étapes de la chaîne mondiale des terres rares. Washington cherche donc à diversifier ses approvisionnements et soutient plusieurs projets miniers africains.

Transformer sur place plutôt qu’exporter uniquement le minerai

C’est sur ce point que l’annonce américaine présente un intérêt particulier pour le Kenya.

Washington affirme privilégier un modèle dans lequel les pays producteurs ne se limitent pas à extraire leurs minerais pour les exporter à l’état brut.

Le projet défendu prévoit davantage de transformation locale et de création de valeur dans les pays producteurs.

Pour Nairobi, cette orientation doit permettre de créer des emplois, développer des compétences industrielles et conserver une plus grande partie de la valeur économique générée par ses ressources.

Une compétition États-Unis-Chine en arrière-plan

L’initiative s’inscrit néanmoins dans une compétition géopolitique beaucoup plus large.

Les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance à l’égard de la Chine pour plusieurs minerais indispensables à leurs industries technologiques, énergétiques et stratégiques.

L’Afrique, qui dispose d’importantes ressources minérales, devient ainsi un terrain majeur de cette compétition.

Pour les pays africains producteurs, l’enjeu sera de transformer cet intérêt international en investissements permettant réellement de développer les capacités locales plutôt que de reproduire un modèle essentiellement extractif.

Aucun accord définitif sur Mrima Hill à ce stade

La prudence reste toutefois nécessaire.

Le Kenya et les États-Unis avaient indiqué précédemment travailler à un accord sur les minerais critiques, mais aucune nouvelle conclusion définitive de cet accord n’a été annoncée mercredi.

De même, l’entreprise qui développera Mrima Hill n’a pas encore été officiellement désignée.

Le soutien américain doit donc être présenté comme une intention de coopération et d’investissement, et non comme le lancement d’une mine ou d’une usine déjà attribuée.

Pour le Kenya, la véritable mesure du succès viendra lorsque les engagements sur la transformation locale se traduiront par des capacités industrielles, des emplois, des transferts de compétences et une part plus importante de la valeur ajoutée conservée dans le pays.

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