Yémen : les Houthis prennent Mokha et renforcent leur position près de Bab el-Mandeb
Les Houthis ont pris le contrôle de la ville portuaire de Mokha, sur la côte occidentale du Yémen, selon plusieurs sources militaires gouvernementales citées par Reuters. Cette progression rapproche le mouvement du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, l’une des principales voies maritimes reliant la mer Rouge au golfe d’Aden et située directement face à la Corne de l’Afrique.
Une avancée stratégique sur la côte yéménite
Quatre sources militaires du gouvernement yéménite ont indiqué à Reuters que les Houthis avaient pris le contrôle de Mokha, ville portuaire jusque-là tenue par les forces soutenant le gouvernement internationalement reconnu.
Associated Press rapporte de son côté que des combattants houthis sont entrés dans la ville, selon deux habitants. À cette heure, aucun communiqué public spécifique du gouvernement yéménite confirmant officiellement la perte de Mokha n’a toutefois été identifié.
Cette progression intervient dans un contexte de forte reprise des affrontements au Yémen, après plusieurs années durant lesquelles la trêve conclue en 2022 avait considérablement réduit l’intensité des combats. AP estime que les développements actuels font planer le risque d’un retour à une guerre civile ouverte.
Les Houthis se rapprochent de Bab el-Mandeb
Au-delà de Mokha, l’enjeu majeur est désormais le détroit de Bab el-Mandeb.
Selon Reuters, les Houthis ont également mené des attaques vers les îles Hanish, tandis que les forces gouvernementales et leurs alliés ont été repoussés vers Dhubab, située directement sur le détroit.
Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien. Sur sa rive africaine se trouvent notamment Djibouti et l’Érythrée, ce qui donne à toute évolution sécuritaire dans cette zone une importance particulière pour le continent africain.
La maîtrise des positions entourant le détroit pourrait permettre aux Houthis d’accroître leur capacité à peser sur la navigation commerciale entre l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Europe.
Le trafic maritime continue pour l’instant
Malgré la progression houthie, il serait prématuré de parler de blocage de Bab el-Mandeb.
Les données préliminaires de suivi maritime citées par Reuters montrent que 28 navires de marchandises ont traversé le détroit mercredi, contre une moyenne de 27 au cours des dix jours précédents. Le trafic reste donc actif à ce stade.
La principale inquiétude porte davantage sur ce qui pourrait se produire si les combats se rapprochaient encore du détroit ou si les attaques contre les navires reprenaient à grande échelle.
Une nouvelle source d’inquiétude pour les marchés pétroliers
Cette crise intervient alors que les marchés de l’énergie sont déjà fortement perturbés par les tensions autour du détroit d’Ormuz.
Jeudi, le Brent se maintenait au-dessus de 100 dollars le baril, autour de 102 dollars dans les échanges rapportés par Reuters. Les investisseurs craignent notamment une aggravation simultanée des perturbations sur plusieurs grandes routes d’exportation du pétrole.
Pour les pays africains fortement dépendants des importations de produits pétroliers, une hausse durable des cours internationaux pourrait exercer une pression supplémentaire sur les coûts du carburant, du transport et de certaines marchandises. Il n’est toutefois pas possible d’en déduire automatiquement une hausse des prix à la pompe dans un pays donné, celle-ci dépendant notamment des mécanismes nationaux de fixation des prix.
L’Afrique directement concernée
La progression des Houthis vers Bab el-Mandeb mérite donc une attention particulière en Afrique.
Djibouti et l’Érythrée se trouvent immédiatement de l’autre côté du détroit, tandis qu’une partie importante du commerce maritime empruntant la mer Rouge dessert ou longe les côtes africaines.
La situation reste en développement. Les prochaines heures permettront notamment de déterminer si les Houthis consolident leur présence à Mokha et poursuivent leur progression vers les positions permettant de contrôler davantage les accès à Bab el-Mandeb.






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