Matières premières : l’Afrique veut produire, transformer et créer davantage de valeur sur le continent
À El-Alamein, les dirigeants africains ont remis au centre du débat une faiblesse structurelle des économies du continent : exporter des ressources insuffisamment transformées et importer une partie importante des produits à plus forte valeur ajoutée. L’UA appelle au renforcement des capacités industrielles et des chaînes de valeur africaines.
L’Afrique dispose d’importantes ressources naturelles, d’une population jeune et d’un marché continental considérable. Mais disposer de matières premières ne garantit pas à lui seul la création de richesse.
Réunis à El-Alamein le 4 octobre, les dirigeants participant à la réunion de coordination de l’Union africaine ont de nouveau insisté sur la nécessité de produire, transformer et ajouter davantage de valeur aux ressources à l’intérieur du continent.
Sortir du rôle de fournisseur de matières premières
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a appelé le continent à dépasser son rôle traditionnel de fournisseur de matières premières en renforçant l’industrie manufacturière, les chaînes de valeur intégrées, la transformation locale et les transferts technologiques.
Le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a également insisté sur les capacités productives et industrielles.
Le constat formulé à El-Alamein est que la création d’une zone de libre-échange ne peut, à elle seule, produire l’intégration économique souhaitée si les économies africaines ne disposent pas de suffisamment de biens et services compétitifs à échanger.
Produire avant de commercer davantage
La ZLECAf crée progressivement un cadre permettant d’élargir le marché accessible aux entreprises africaines.
Mais l’augmentation du commerce intra-africain suppose également de développer la production.
L’UA cite notamment l’investissement, le transfert de technologie, les infrastructures, les réseaux énergétiques, les ports, les routes, les chemins de fer et les infrastructures numériques parmi les leviers nécessaires.
La question industrielle est donc indissociable de celle de l’énergie, du financement et de la logistique.
Créer de la valeur et des emplois en Afrique
La transformation locale peut permettre à un pays de conserver une part plus importante de la valeur générée entre l’extraction ou la production d’une ressource et la vente du produit fini.
Mais cette stratégie nécessite des investissements, de l’électricité fiable, des compétences, des infrastructures, des capitaux et des marchés suffisamment intégrés.
La BAD défend également cette orientation. Lors de ses Assemblées annuelles de 2026, son président Sidi Ould Tah avait insisté sur la nécessité pour le continent de transformer davantage ses matières premières afin de créer de la valeur, de la croissance et des emplois.
L’enjeu pour l’Afrique n’est donc plus uniquement de savoir ce qu’elle possède dans son sous-sol ou produit dans ses champs, mais quelle part de la valeur finale de ces ressources reste effectivement sur le continent.


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