×

Sahel : AGRHYMET alerte sur des déficits fourragers et des risques de tensions

La campagne pastorale 2026-2027 s’annonce difficile dans plusieurs zones du Sahel et d’Afrique de l’Ouest. AGRHYMET alerte sur des déficits fourragers importants et appelle les États à anticiper les mouvements inhabituels de troupeaux ainsi que d’éventuelles tensions autour de l’accès aux ressources.

Publié le 8 septembre 2026, le diagnostic concerne directement plusieurs zones du Burkina Faso, du Mali et du Niger, mais la situation dépasse largement l’espace AES. La Mauritanie, le Tchad, le Sénégal et le Nigeria présentent également des zones où le déficit est qualifié de « très marqué ».

Qu’est-ce qu’AGRHYMET ?

Créé en 1974, le Centre régional AGRHYMET est une institution spécialisée du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Basé à Niamey, au Niger, il intervient notamment dans les domaines du climat, de l’agriculture, de l’hydrologie, de la sécurité alimentaire, du pastoralisme et de la gestion des ressources naturelles.

AGRHYMET exerce également le mandat de Centre climatique régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Ses activités comprennent notamment le suivi des campagnes agrohydroclimatiques et pastorales ainsi que l’alerte précoce.

Burkina, Mali et Niger directement concernés

Dans l’espace AES, AGRHYMET identifie plusieurs zones particulièrement exposées.

Au Burkina Faso, le Soum et le Liptako figurent parmi les zones présentant un déficit très marqué. Au Mali, cette situation concerne notamment Tombouctou, Gao et Kidal. Au Niger, Agadez, Diffa, Tahoua et Zinder sont cités.

Des déficits modérés sont également relevés dans d’autres zones de ces trois pays.

La situation n’est toutefois pas uniforme. AGRHYMET identifie parallèlement des zones excédentaires au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Celles-ci pourraient jouer un rôle important comme pôles de transhumance.

Mauritanie, Tchad, Sénégal et Nigeria également touchés

Au-delà de l’AES, les déficits très marqués concernent notamment le Tiris Zemmour, l’Adrar et le Hodh Ech Chargui en Mauritanie, le Kanem, le Batha et le Wadi Fira au Tchad, Matam et le nord de Saint-Louis au Sénégal, ainsi que Yobe, Borno et le nord de Katsina au Nigeria.

AGRHYMET relève également des déficits modérés dans certaines parties de la Guinée, du Ghana et de la Côte d’Ivoire, en plus des zones concernées en Mauritanie, au Mali, au Niger, au Tchad, au Burkina Faso, au Sénégal et au Nigeria.

Un retard du front de végétation

Selon AGRHYMET, le front de végétation dans les zones sahéliennes et sahariennes reste très en retard par rapport à la moyenne des cinq dernières années ainsi qu’à l’année précédente.

Dans les zones soudaniennes et guinéennes, la situation est meilleure, avec une bonne disponibilité de biomasse susceptible de constituer des réserves importantes pour l’équilibre pastoral régional.

Les zones présentant les déficits les plus importants devraient rester vulnérables même en cas de pluies tardives. Celles qui connaissent des déficits modérés pourraient, en revanche, voir leur situation s’améliorer si les pluies se maintiennent en septembre et octobre.

Des mouvements de troupeaux à anticiper

Face à ces perspectives, AGRHYMET recommande d’anticiper les mouvements inhabituels de troupeaux et les tensions liées à l’accès aux ressources.

L’institution préconise également de renforcer le suivi agropastoral, de préparer des plans de gestion des flux de transhumance et de protéger les zones excédentaires contre les feux de brousse.

 

Pour les pays sahéliens fortement dépendants de l’élevage, l’évolution de la disponibilité du fourrage au cours des prochaines semaines constituera donc un indicateur important de la campagne pastorale 2026-2027.

Partager sur

Laisser un commentaire