×

Niger : plus de 20 000 tonnes de ciment mises en vente à prix homologués à Niamey

Les autorités nigériennes ont mobilisé plus de 20 000 tonnes de ciment dans le cadre d’une opération spéciale de vente à Niamey. Organisée pour faciliter l’accès des ménages au matériau et lutter contre la spéculation, l’opération impose des prix homologués, un quota maximal par acheteur et plusieurs justificatifs destinés à limiter les détournements.

Plus de 20 000 tonnes de ciment ont été mobilisées à Niamey dans le cadre d’une opération spéciale conduite par les autorités nigériennes.

Le dispositif porte sur le ciment 32,5 R et 42,5 N et a été organisé sur sept sites agréés dans la capitale.

L’objectif affiché est double : améliorer l’accès des populations au ciment et empêcher que les stocks mobilisés soient détournés vers des circuits spéculatifs.

60 000 et 87 500 FCFA la tonne

Deux prix homologués ont été fixés.

La tonne de ciment 32,5 R est vendue à 60 000 FCFA, tandis que celle du 42,5 N coûte 87 500 FCFA à Niamey.

Chaque acheteur est limité à un quota individuel maximal de cinq tonnes.

Cette limitation vise à éviter qu’un nombre réduit d’intermédiaires n’absorbe d’importantes quantités pour les remettre ensuite sur le marché à des prix plus élevés.

Des justificatifs exigés des acheteurs

Les autorités ont également renforcé les conditions d’achat.

La présentation d’une pièce d’identité est obligatoire. L’acheteur doit en plus fournir un justificatif concordant avec son besoin en ciment.

Il peut notamment s’agir d’une attestation de vente, d’un acte de cession, d’un permis de construire ou d’un document attestant une détention coutumière.

La vente aux adolescents est interdite et les autorités ont également supprimé le système de listes préalables d’acheteurs.

L’objectif est de faire parvenir les quantités disponibles aux personnes ayant effectivement un projet nécessitant du ciment.

Transport également encadré

Le contrôle ne s’arrête pas aux points de vente.

Les camionnettes et tricycles transportant le ciment doivent disposer d’un laisser-passer.

Les tarifs de transport ont également été encadrés : 3 000 ou 5 000 FCFA selon la distance.

Les équipes présentes sur les sites regroupent des agents du ministère, des collectivités, des représentants de la société civile ainsi que des membres des Forces de défense et de sécurité.

Lutte contre la spéculation

Le dispositif intervient dans un contexte où les autorités veulent combattre la spéculation, la rétention ou la dissimulation de stocks et les pratiques frauduleuses autour du ciment.

Lors d’une visite de contrôle, cinq des sept sites agréés étaient effectivement opérationnels. Les deux autres, appartenant aux établissements Charfo, ne l’étaient pas au moment du passage de la délégation ministérielle.

Le ministère appelle également les populations à signaler les pratiques frauduleuses à son numéro vert gratuit 808.

L’opération était programmée du 3 au 9 septembre 2026.

Au-delà des volumes mobilisés, le dispositif montre surtout la volonté des autorités de contrôler simultanément le prix, les quantités achetées et la destination du ciment afin de limiter les possibilités de revente spéculative.

L’enjeu sera désormais d’évaluer si cette injection de plus de 20 000 tonnes aura permis de détendre durablement le marché à Niamey ou seulement de répondre temporairement à la demande.

Partager sur

Laisser un commentaire