Mali : le RAMU veut élargir l’assurance maladie au-delà des bénéficiaires de l’AMO
Le Mali poursuit la mise en œuvre de son Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), destiné à élargir la protection contre les dépenses de santé au-delà du périmètre de l’actuelle Assurance maladie obligatoire. Après plusieurs étapes institutionnelles franchies en 2026, la CANAM intensifie désormais l’information autour du fonctionnement de ce nouveau dispositif.
Le système malien de couverture maladie poursuit sa transformation.
La Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM) a organisé le 9 septembre à Bamako une session consacrée aux mécanismes, aux enjeux et aux défis du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU).
Derrière cette activité d’information se trouve une réforme beaucoup plus importante : le passage progressif d’un système centré sur l’Assurance maladie obligatoire à un régime ayant vocation à couvrir une population beaucoup plus large.
Aller au-delà de l’AMO
L’Assurance maladie obligatoire couvre déjà certaines catégories de travailleurs et leurs ayants droit.
Le RAMU vise à élargir cette logique de protection afin de progresser vers la couverture sanitaire universelle.
La législation malienne prévoit une couverture obligatoire du risque maladie destinée à prendre en charge les frais de santé liés notamment à la maladie et à la maternité, pour les assurés et les membres de leurs familles à charge.
L’enjeu est donc majeur pour les personnes qui restent aujourd’hui en dehors des mécanismes classiques d’assurance maladie.
Une nouvelle organisation de la gestion
Une étape importante a été franchie en juillet 2026 avec la signature de contrats de délégation de gestion entre la CANAM et plusieurs organismes.
La Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS) et l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), déjà impliqués dans la gestion de l’AMO, sont rejoints par l’Agence nationale d’assistance médicale (ANAM) et l’Union technique de la mutualité (UTM).
Cette organisation doit permettre de prendre en compte des profils de bénéficiaires plus diversifiés et de rapprocher progressivement le dispositif de l’objectif de couverture sanitaire universelle.
Qui pourra réellement bénéficier du RAMU ?
C’est l’une des principales questions pour les populations.
Le principe du régime est d’élargir la couverture à des catégories qui ne bénéficient pas nécessairement aujourd’hui de l’AMO classique.
La réforme prévoit également la prise en compte des membres de famille à charge et de catégories nécessitant une assistance particulière.
Mais l’effectivité de cette ambition dépendra de plusieurs éléments : identification et affiliation des bénéficiaires, financement du régime, collecte des contributions, organisation des organismes gestionnaires et capacité des structures sanitaires à délivrer les prestations prévues.
Cotisations et prestations : prudence sur les modalités actuelles
La mise en œuvre du RAMU soulève également une question essentielle : combien les différentes catégories de bénéficiaires devront-elles payer et quelle part des soins sera effectivement prise en charge ?
À ce stade, LNA ne reprend pas de taux de cotisation comme étant actuellement applicable à l’ensemble des futurs bénéficiaires sans disposer d’une confirmation réglementaire récente et suffisamment précise pour chaque catégorie.
La même prudence s’impose concernant la liste définitive des actes médicaux, médicaments et prestations couverts dans la phase actuelle d’opérationnalisation.
Ces éléments détermineront pourtant l’impact concret de la réforme sur les ménages.
Le défi de l’universalité
Pour le Mali, l’enjeu dépasse la création d’un nouveau mécanisme administratif.
La réussite du RAMU se mesurera à sa capacité à intégrer progressivement les populations qui restent en marge des régimes existants, tout en assurant un financement durable et une prise en charge effective dans les établissements de santé.
La réforme entre donc dans une phase déterminante : passer du cadre juridique et institutionnel à une couverture réellement accessible aux populations.






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