AES : les ministres du Commerce veulent accélérer l’intégration économique
La 5e réunion des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce de la Confédération des États du Sahel (AES), élargie au secteur privé, s’est tenue lundi 28 septembre 2026 à Bamako. Les travaux ont porté sur la libre circulation, le développement industriel, la lutte contre la fraude, l’amélioration du climat des affaires et le projet de création d’une centrale d’achat commune.
La rencontre a été présidée par le Premier ministre malien, le Général de division Abdoulaye Maïga. Elle a réuni Moussa Alassane Diallo, ministre de l’Industrie et du Commerce du Mali, Abdoulaye Seydou, ministre du Commerce et de l’Industrie du Niger, et Serge Gnaniodem Poda, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat du Burkina Faso.
Cette réunion ministérielle a été précédée, les 26 et 27 septembre, par les travaux des experts des trois pays. Ceux-ci ont examiné la mise en œuvre du Plan d’actions prioritaires, les difficultés liées à la circulation des personnes et des biens, l’attractivité des investissements, la fraude et la concurrence déloyale ainsi que l’état d’avancement d’une centrale d’achat et d’un Observatoire sur le climat des affaires.
À l’ouverture de la réunion, Abdoulaye Seydou a évoqué la nécessité d’harmoniser les cadres juridiques régissant les activités commerciales au sein de l’espace AES. Serge Gnaniodem Poda a, pour sa part, présenté l’objectif comme la construction d’un marché confédéral plus intégré et compétitif.
Six axes dans le Plan d’actions prioritaires
Selon la Primature malienne, le Plan d’actions prioritaires issu de la précédente rencontre de Ouagadougou s’organise autour de plusieurs axes. Il porte sur le développement industriel et la compétitivité du secteur privé, l’amélioration du climat des affaires, la facilitation des échanges intra-AES et la normalisation des produits.
Le plan prévoit également des actions contre la fraude et la concurrence déloyale ainsi que la mise en place d’une centrale d’achat commune. Lors de la quatrième rencontre organisée en juin à Ouagadougou, les ministres avaient déjà examiné ces dossiers ainsi que les obstacles rencontrés dans les échanges entre les trois pays.
Le Premier ministre malien a appelé à accélérer les réformes nécessaires à la libre circulation des personnes et des marchandises. Il a proposé d’associer aux prochaines rencontres les ministres chargés de l’Économie et des Finances, des Transports, de l’Agriculture et de la Sécurité afin d’élaborer un calendrier commun de mesures à mettre en œuvre.
Des discussions annoncées avec la CEDEAO
Abdoulaye Maïga a également indiqué que des discussions sont engagées en vue d’un nouvel accord-cadre entre l’AES et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Selon ses déclarations, ce futur cadre doit permettre de redéfinir les relations entre les deux ensembles après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO. Aucun calendrier ni détail sur le contenu de l’accord envisagé n’a toutefois été annoncé à ce stade.
Le Chef du Gouvernement malien estime que cette perspective renforce la nécessité pour les trois pays de poursuivre les travaux consacrés à leur propre intégration économique.
Centrale d’achat, fraude et « Made in AES »
À l’issue de la réunion, les trois ministres ont été reçus en audience par Abdoulaye Maïga. Ils lui ont présenté l’état de mise en œuvre de la feuille de route de l’an II de la Confédération et les conclusions des trois jours de travaux organisés à Bamako.
Selon Serge Gnaniodem Poda, les échanges ont notamment concerné le projet de centrale d’achat, la lutte contre la fraude, les procédures administratives applicables aux opérations commerciales entre les trois pays et le suivi de la qualité des produits présentés sous l’appellation « Made in AES ».
Les ministres ont également évoqué l’élaboration d’un document-cadre consacré à l’attractivité de l’espace AES pour les investissements.
La mise en œuvre de ces différents dossiers doit désormais se poursuivre à travers la feuille de route commune des trois États et les travaux techniques des administrations concernées.









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