Algérie–Niger : le Parlement approuve l’envoi d’unités militaires après la signature d’un accord de coopération
Les deux chambres du Parlement algérien ont approuvé, dimanche 25 octobre 2026, l’envoi d’unités militaires au Niger. Cette décision intervient quatre jours après la signature, à Alger, d’un protocole d’accord de coopération militaire entre les deux pays. Les autorités algériennes invoquent la protection de leurs intérêts énergétiques et l’application des engagements bilatéraux.
Le Conseil de la nation a donné son accord à l’unanimité des 148 participants au scrutin, dont 131 membres présents et 17 représentés par procuration. L’Assemblée populaire nationale a annoncé son approbation quelques heures plus tard.
La notification soumise au Parlement émanait du président Abdelmadjid TEBBOUNE. Au Conseil de la nation, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed ATTAF, a présenté les motifs et les objectifs de la décision lors d’une séance à huis clos, en qualité de représentant du chef de l’État.
Selon le communiqué de la chambre haute, l’envoi de ces unités répond à la volonté de protéger les intérêts énergétiques algériens et de mettre en œuvre les dispositions de l’accord bilatéral entre Alger et Niamey.
Un protocole de coopération militaire signé le 21 octobre
Le vote parlementaire s’inscrit dans le prolongement du rapprochement militaire entre les deux pays. Le 21 octobre, un protocole d’accord destiné à renforcer leur coopération dans le domaine de la défense a été signé à Alger, à l’occasion de la visite du ministre nigérien de la Défense, Salifou MODY.
Cette visite a donné lieu à des échanges avec le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, Saïd CHANEGRIHA. Les discussions ont porté sur la coopération militaire bilatérale et les questions d’intérêt commun.
L’autorisation d’envoi d’unités militaires constitue ainsi une nouvelle étape dans cette séquence de coopération entre les deux États voisins.
Les projets énergétiques algériens au Niger
La dimension énergétique occupe une place importante dans les relations entre Alger et Niamey. Sonatrach intervient au Niger par l’intermédiaire de sa filiale internationale SIPEX, présente sur le permis pétrolier de Kafra depuis 2005.
Le 13 août 2026, le groupe algérien et la société nigérienne SONIDEP ont lancé une nouvelle phase d’exploration prévoyant le forage de quatre puits. Les travaux doivent être réalisés par ENAFOR, une autre filiale de Sonatrach.
Selon le groupe, ces forages doivent permettre de mieux caractériser les réservoirs, de confirmer leur productivité et d’évaluer les conditions de viabilité économique du projet.
Sonatrach indique avoir déjà réalisé sur ce permis environ 2 200 kilomètres de sismique 2D, 760 kilomètres carrés de sismique 3D et deux puits d’exploration, forés en 2018 et 2019. Les autorités nigériennes ont accordé, le 15 avril 2026, une prorogation de deux ans pour poursuivre l’évaluation du permis.
Ces investissements donnent un contenu concret aux intérêts énergétiques invoqués par Alger pour expliquer la décision approuvée par son Parlement.



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