Mali : une école des mines et du pétrole et une agence de recherche au cœur du Conseil des ministres
Le Conseil des ministres du 30 septembre 2026 a adopté des projets de texte relatifs à la création d’une École des mines et du pétrole et d’une Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales. Dix permis de recherche minière figurent également parmi les renouvellements approuvés. La session a aussi porté sur les compétences agricoles des collectivités territoriales et des nominations dans les transports et l’eau potable.
Réuni au Palais de Koulouba sous la présidence du général d’armée Assimi GOÏTA, président de la Transition, le Conseil a consacré l’essentiel de ses mesures législatives et réglementaires au secteur minier. Les textes adoptés concernent la formation des professionnels, la connaissance des ressources du sous-sol et la poursuite des travaux d’exploration.
Mines et pétrole : une école pour former les professionnels
Sur proposition du ministre des Mines, le Conseil a adopté les projets de texte portant création, organisation et fonctionnement de l’École des mines et du pétrole.
L’établissement aura pour mission d’assurer la formation initiale et continue des ressources humaines dans ces deux domaines. Le gouvernement justifie cette mesure par l’insuffisance des structures de formation spécialisées et la faible couverture de certaines spécialités dans les cursus existants.
L’objectif annoncé est de disposer de professionnels qualifiés et suffisamment nombreux pour accompagner les activités minières et pétrolières. Le communiqué ne précise toutefois ni la date d’ouverture de l’école, ni sa capacité d’accueil, ni son budget.
Une agence dédiée à la connaissance du sous-sol
Le Conseil a également adopté les projets de texte relatifs à la création de l’Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales.
Cette réforme prévoit de transformer le Programme pour le développement des ressources minérales, créé en 1990, en un établissement public à caractère scientifique et technologique.
Selon le gouvernement, le dispositif actuel présente des insuffisances concernant son statut, la mobilisation des financements et son adaptation au cadre institutionnel et juridique du secteur. Il ne prend pas non plus en compte les volets de recherche pétrolière et gazière.
La nouvelle agence aura pour mission de rechercher, produire, sécuriser, valoriser et diffuser les connaissances géologiques, minières, pétrolières et gazières sur le territoire national. Le communiqué ne fournit pas de calendrier de mise en fonctionnement.
Exploration aurifère : dix permis concernés par des renouvellements
Le Conseil a adopté neuf projets de décret portant premier renouvellement de permis de recherche d’or et de substances minérales du groupe 2.
Les périmètres concernés sont Dialafara-Khama et Sanoula, dans le cercle de Kéniéba ; Diata-Moussala-Nord, dans celui de Kayes ; Bala, dans celui de Kangaba ; Gladié-Est et Mininko, dans celui de Sikasso ; Goualafara, dans celui de Yanfolila ; ainsi que Kinia et Kandjila-Ouest, dans celui de Bougouni.
Ces permis avaient été attribués entre 2018 et 2022. Leur renouvellement avait été affecté par la suspension intervenue entre décembre 2022 et mars 2025.
D’après le communiqué, les travaux réalisés ont révélé des anomalies justifiant la poursuite des recherches. Les textes adoptés doivent permettre aux sociétés concernées de poursuivre l’exploration pendant trois années supplémentaires, renouvelables une fois.
Un autre projet de décret porte sur le deuxième renouvellement du permis d’AFRICA MINING SARL à Dandoko, dans le cercle de Kéniéba. Attribué en 2017 et renouvelé une première fois en 2020, ce permis avait également été affecté par la suspension.
La poursuite des recherches vise la découverte de gisements économiquement exploitables. Le compte rendu n’annonce pas de découverte confirmée ni de mise en exploitation.
Agriculture : les compétences des collectivités réorganisées
Sur proposition du ministre de l’Agriculture, le Conseil a adopté un projet de décret précisant les compétences transférées par l’État aux collectivités territoriales en matière d’agriculture, d’aménagement et d’équipements ruraux.
Cette révision découle de la suppression du cercle en tant que collectivité territoriale, à la suite de la modification du cadre légal de l’organisation administrative en mars 2023.
Le texte réorganise l’exercice de ces compétences entre les communes, les régions et le District de Bamako. Il précise également l’appui-conseil que les services centraux et déconcentrés du ministère de l’Agriculture doivent leur apporter.
Transports et eau potable : trois directeurs généraux nommés
Le colonel Djibrilla HAROUNA est nommé directeur général de la Société malienne de transport et de logistique, au titre du ministère des Transports et des Infrastructures.
Dans le secteur de l’eau potable, Hamidi DIAKITÉ, ingénieur en génie civil, prend la direction générale de la Société malienne de patrimoine de l’eau potable. Amadou SOW, économiste, est nommé directeur général de la Société malienne de gestion de l’eau potable.
Santé : une baisse des cas de dengue signalée
Au chapitre des communications, le ministre de la Santé et du Développement social a signalé une diminution des cas confirmés de dengue par rapport à la semaine précédente.
Aucun chiffre n’est fourni dans le compte rendu pour mesurer cette évolution. Le président de la Transition a néanmoins appelé la population à respecter strictement les mesures de prévention et de lutte contre les maladies.
Formation, droits des filles et environnement : les rendez-vous annoncés
Le Conseil a été informé de la participation du Mali à la Conférence mondiale sur le développement de l’enseignement technique et professionnel, prévue du 15 au 17 octobre 2026 à Tianjin, en Chine. Selon le communiqué, les échanges porteront notamment sur l’adéquation entre formation et emploi, les compétences, la transformation numérique et l’intelligence artificielle.
La Journée internationale de la fille, prévue le 11 octobre, sera consacrée au niveau national à la sensibilisation aux conséquences du mariage d’enfants et à la promotion des droits des filles. Des émissions, conférences-débats, animations socioculturelles et un concours d’art oratoire sont annoncés.
Les célébrations de la Journée internationale de la femme rurale et de la Journée mondiale de l’alimentation sont prévues les 15 et 16 octobre. Elles aborderont notamment la place des agricultrices face aux défis climatiques et leur autonomisation.
Enfin, Bamako doit accueillir, du 3 au 5 décembre 2026, le premier Forum national de l’innovation environnementale. Le programme annoncé comprend des ateliers, des démonstrations de solutions, des rencontres de partenariat et une compétition nationale d’innovations.
Le Conseil a également entendu les bilans de la cinquième Semaine nationale de la réconciliation, organisée du 15 au 21 septembre, et de la double célébration de la Journée du CILSS et du cinquantenaire de l’Institut du Sahel, tenue le 12 septembre à Bamako.



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